Qu’est-ce qu’une pratique non conventionnelle ?

pratique non conventionnelle

L’utilisation du terme « pratique non conventionnelle » s’oppose au terme « conventionnel ». L’état part uniquement de l’approche médicale pour définir ce qui est conventionnel ou pas.

Un autre caractère d’une pratique non conventionnelle est son aspect non réglementé. Il laisse alors place à de nombreux abus vis-à-vis du grand public.

Conventionnel et non conventionnel : une histoire de soins

Validation scientifique

Ainsi, le Ministère de la Santé fait la différence entre les soins conventionnels et non conventionnels.

Il explique : « La médecine ‘conventionnelle’ s’appuie sur des traitements qui ont obtenu une validation scientifique, soit par des essais cliniques, soit parce qu’ils bénéficient d’un consensus professionnel fort obtenu avec l’accord et l’expérience de la majorité des professionnels de la discipline concernée. » (page).

Selon le même site internet, les soins non conventionnels « n’ont pas fait l’objet d’études scientifiques ou cliniques montrant leurs modalités d’action, leurs effets, leur efficacité, ainsi que leur non dangerosité. »

On peut alors comprendre la crainte des pouvoirs publics, devant le constat suivant  : 4 Français sur 10 recourent aux pratiques de soins non conventionnelles. De plus, ce chiffre s’élève à 60% lorsqu’il s’agit du cancer…

Les limites de la médecine conventionnelle

En fait, force est de constater que le non conventionnel prend le relais là où le conventionnel présente des limites. Quoi de plus humain qu’une personne sans espoir de guérison, se tourne vers des méthodes moins scientifiques ? Quitte à tomber entre les mains de pseudo-praticiens peu scrupuleux.

Considérons l’évolution de la médecine. Au Moyen-Âge, la médecine occidentale considérait la folie comme l’intervention du diable. Les thérapeutiques mises alors en place à l’époque sont aujourd’hui largement dépassées et font sourire. L’une d’elles consistait à inciser la peau en forme de croix et perforer le crâne, pour faire sortir la matière. Cela devait permettre au malade de saigner beaucoup et de le libérer. Cette psychochirurgie était liée à la localisation cérébrale de la folie. Elle avait la prétention de guérir le malade en s’attaquant à la racine même du mal. (source : « Comprendre et soigner la maladie mentale au Moyen-Âge », par Muriel Laharie, Maître de conférences en Histoire du Moyen Age à l’Université de Pau).

Des ouvertures possibles

La médecine est évolutive. Parce que des maladies disparaissent et de nouvelles apparaissent. Il faut du temps pour comprendre leur apparition, leurs symptômes. Puis pour développer les médicaments qui aideront à les combattre. Mais entretemps, que faire des patients désespérés lorsque la médecine n’a rien à proposer ? Les laisser sans soutien, sans aide et sans écoute, les pousse à se tourner vers des charlatans. Ils vous répondront que de toute façon, ils n’ont plus rien à perdre…

C’est pourquoi nous prônons une ouverture à des méthodes nouvelles ou moins connues. Les connaissances évoluent, les approches aussi. Cependant, il ne faut pas ouvrir n’importe comment. Il faut garder un recul nécessaire et prendre le temps de mettre à l’épreuve les pratiques non conventionnelles.

Ainsi, il ne faut pas croire sur parole ce qu’elles affirment. Mais il ne faut pas essayer non plus de les empêcher d’apporter leur contribution à la santé humaine et au bien-vivre des malades.

 

Pratique non conventionnelle : un déficit de réglementation

La caractéristique d’une pratique non conventionnelle est l’absence de réglementation et d’encadrement. Les médecines et les pratiques de bien-être non conventionnelles n’ont aucun espace prévu dans la santé publique française. N’étant rattachés à rien, leurs intervenants peuvent faire ce qu’ils veulent avec leur pratique – personne pour les rappeler à l’ordre. C’est ici que le bât blesse… car ils font ce qu’ils veulent, et pour beaucoup, c’est du n’importe quoi.

Pour exister, ils doivent répondre à certaines obligations : être déclaré et payer ses impôts. Respecter la législation du travail, le code de la consommation. Pour autant, on a le droit de se déclarer comme sophrologue sans jamais avoir appris la sophrologie. Quelle est la spécificité d’une pratique non conventionnelle ? N’importe qui peut s’autoproclamer professeur de yoga, coach, praticien de PNL, de Reiki, sophrologue… sans suivre aucune formation. C’est aussi la raison pour laquelle la Reikiologie et la Relaxologie de Pleine Conscience sont des marques : toute personne n’ayant pas suivi leur cursus n’a pas le droit d’utiliser ces noms. C’est déjà un premier pas.

La conformité des sites internet à la législation informatique n’est pas vérifiée. A travers cela, nombre de praticiens peuvent se livrer à de la publicité mensongère. Et ensuite le grand public de se faire berner.

Les assurances ne sont pas obligatoires pour ces pratiques. Sans diplôme d’état ou de référentiel métier vérifié et validé, leurs intervenants agissent comme ils veulent.

Certains regroupement essayent d’implanter une réglementation. Les codes de déontologie existent pour cela.

D’autres encore, comme la FFRT et l’Institut de Reiki, ont réussi à faire valider leur formation par un diplôme, et à démontrer les effet cliniquement prouvés de leur pratique de bien-être, qu’est la Reikiologie. Quant à la Relaxologie de Pleine Conscience, elle repose sur la même démarche que la Reikiologie.

 

Et le bien-être alors ?

Le bien-être appartient également aux pratiques non conventionnelles. Toutefois, il ne relève pas de soins : il ne soigne donc pas de symptômes. Il n’est pas à classer dans le champ des médecines non conventionnelles.

Il n’est pas pris en compte dans la santé en France et aucune volonté des pouvoirs publics n’a été affichée, jusqu’ici, pour officialiser sa démarche.

Cette mise sous silence ne perdurera pas. En effet, des transversales existent entre les pratiques de soin conventionnelles, non conventionnelles… et le bien-être. Le Ministère de la Santé, toujours sur son site, remarque que les pratiques de soins non conventionnelles progressent aussi dans le champ du bien-être.

A quand la prise en compte de cette demande, de 60% des Français, dans les politiques officielles sur la santé ? Et dans le développement d’un cadre officiel pour accompagner ceux qui se tournent vers le bien-être ?